La pénombre. Une foule impatiente, entre brouhaha et fumée de cigarettes. Sur la scène, les derniers préparatifs." un-deux, un-deux", chuchote l'ingénieur du son prés du micro. Sur une chaise, un technicien - toujours un gros barbu- accorde une dernière fois les guitares. La scène est maintenant déserte. La tension monte. Toujours la pénombre. Deux cordes de basse retentissent. Silence. Un riff de guitare parcourt la foule, qui bondit comme un seul homme. Les projecteurs s'allument d'un seul coup sous les cris." et la lumière fut" pense-t-on. Le guitariste et le bassiste communiquent par le regard, tandis que le batteur entre dans la dance. La trentaine de seconde de l'intro touche à sa fin, le public est chauffé à blanc. Vous approchez doucement du micro, la guitare en bandoulière. Vous avancez la tête, sans bouger le corps. Votre bouche s'ouvre, comme au ralenti :" swimming bare under the moon,no one but the moon light and me..."

